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Ils relancent les bouteilles de bière consignées dans les grandes surfaces

Mâconnais-Clunisois :

Le Syndicat intercommunal de ramassage et de traitement des déchets de la vallée de la Grosne, en partenariat avec cinq brasseries locales, deux grandes surfaces, une épicerie bio et une société spécialisée, a lancé une expérimentation sur le réemploi des bouteilles de bière. La consigne, système bien connu dans le passé, fait peu à peu son retour.

Il paraît que c’est dans les vieux pots qu’on fait les meilleures confitures. Pour diminuer la quantité de déchets traités, le Syndicat intercommunal de ramassage et de traitement des déchets de la vallée de la Grosne a choisi de remettre au goût du jour la consigne des bouteilles en verre, un système bien connu en France, mais qui a totalement disparu dans les années 80 et 90.

« La démarche écologique nous a plu. »
« Nous avons commencé à travailler sur le réemploi des bouteilles en verre il y a deux ans, retrace Sylvain Galland, chargé de mission au Sirtom de la Vallée de la Grosne, basé à Cluny. On s’est dit que le réemploi, c’est encore mieux que le recyclage pour le verre. Cela génère moins de trajets, moins d’électricité consommée, moins d’eau… »
La première étape a été de réunir les brasseurs locaux. Cinq brasseries se sont laissées convaincre : La Zouaffe, La Paille, Teddy Beer, Les Terres du Possible et La Fosse aux loups. « La démarche écologique nous a plu, explique Victor Prudhomme, un des associés à la tête de la brasserie La Zouaffe, désormais installée dans l’ancien sanatorium de Bergesserin. La production de bouteilles, c’est 75 % des émissions de CO2 des brasseries. »

Après plusieurs années de travail préparatoire, l’expérimentation du réemploi des bouteilles en verre a été lancée en juillet dernier dans deux supermarchés et une épicerie. « Le premier bilan est positif », selon le Sirtom. Photo Adrien Wagnon

Pour qu’un système de réemploi des bouteilles se mette en place, les brasseurs doivent accepter certains changements. Les bouteilles doivent être de taille et de poids identiques et de bonne qualité. Il faut également changer les étiquettes et leur colle, « afin que les bouteilles deviennent lavables ». Plusieurs réunions sont organisées sous l’impulsion de Sylvain Galland. « Cela ne nous coûtait pas plus cher, donc on s’est lancé », relate Julien Paillard, de la brasserie La Paille, basée à Lournand.

20 centimes la consigne

Le Sirtom se tourne ensuite vers les lieux où sont vendues les bières. Deux supermarchés acceptent de participer à cette expérimentation, les Super U de Prissé et de Saint-Bonnet-de-Joux, et l’épicerie Bionali, à Cluny. En juillet 2025, après plusieurs formations, l’expérimentation est lancée. Au rayon bières des magasins, des signalétiques indiquent aux consommateurs les bières consignées. Concrètement, le client paie 20 centimes de plus la bouteille de 75 cl. Lorsqu’il ramène la bouteille vide, il récupère un bon d’achat de 20 centimes. « Cela génère quelques contraintes, indique Anthony Vincent, directeur de Super U Prissé. Mais à terme, si les volumes augmentent, nous pouvons espérer une automatisation du processus. »

Les bouteilles usagées sont stockées dans les entrepôts des magasins et ramassées au bout de quelques semaines par la société spécialisée Revera, partenaire de l’expérimentation. « Les bouteilles sont ensuite triées et lavées dans notre site de Valence », décrit Yoann Vargas, de Revera.

Plus de 1 500 bouteilles en quatre mois

Un peu plus de quatre mois après le lancement de l’expérimentation, le premier bilan est « très positif », selon Yoann Vargas. « À ce jour, nous avons réalisé trois collectes sur les différents magasins », affirme-t-il. Cela correspond à plus de 1 500 bouteilles.


« C’est aux consommateurs de jouer »

Si le premier bilan de l’expérimentation du réemploi de bouteilles en verre est positif, « il faut aller plus loin », s’accordent les partenaires. Le Sirtom veut convaincre de nouvelles grandes surfaces du territoire de rejoindre le dispositif. Des discussions sont en cours avec un supermarché de Cluny. « Plus il y aura de volumes de bouteilles, moins le lavage des bouteilles coûtera cher », souligne Yoann Vargas, de la société spécialisée Revera. La balle est aussi entre les mains des consommateurs, qui doivent se réapproprier le système de la consigne, que les plus jeunes n’ont jamais connu. « Pour Super U Prissé, la consigne ne concerne pas que la bière. Elle est aussi possible pour les bouteilles de jus de fruits bios et quelques bouteilles de vins. »

Le rayon des bières locales au Super U de Prissé, avec le système de consignes. Photo Adrien Wagnon


Le mot du remettant du Talent

« L’environnement, ça nous parle chez Blondel »

Bernard Lécuelle, directeur Bourgogne-Franche-Comté Rhône-Alpes Blondel

« L’environnement, ça nous parle chez Blondel. C’est donc très important pour nous de remettre ce Talent de la transition énergétique. En Saône-et-Loire, le Groupe Blondel est plus connu sous le nom de Sobotam et de France Express. Pour livrer les produits dont vous avez besoin, nous devons réfléchir à économiser le carburant et l’énergie de nos entrepôts de stockage. Il n’est pas encore possible de rapprocher Chalon de Charolles ! »

Photo Édouard Rousset


Article rédigé par Adrien Wagnon.

https://www.lejsl.com/liseuse/VGN71/20251211

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