Consigne de verre : Revera veut conquérir de nouveaux marchés
À grand renfort de fusions et de partenariat, la société lyonnaise de consigne de verre Rebooteille, devenue Revera, rayonne sur douze départements désormais. À l’équilibre en 2025, elle lance le collectif Soverre avec d’autres acteurs français. Objectif : permettre à cette filière du réemploi de conquérir de nouveaux marchés dont celui, stratégique, des grandes et moyennes surfaces.
Lancée peu avant le Covid, boostée par la prise de conscience environnementale post-crise sanitaire, la société de consigne de verre Rebooteille survit au backclash écologique de ces dernières années. Mieux, les Lyonnais ont réussi à élargir leur horizon grâce à une stratégie offensive. Deux fusions et une nouvelle dénomination après, Revera rayonne sur douze départements de Mâcon à la région Paca, des Alpes à la Loire. Un changement d’échelle pour cette économie aux accents vertueux. Un petit pas nécessaire vers une industrialisation massive encore lointaine.
460 points de collecte
« On est à l’équilibre en 2025. On a ainsi traité plus d’un million de bouteilles l’année passée. On s’appuie sur 460 points de collecte, 140 producteurs engagés et plus de 2 000 références de boissons », explique ainsi Stéphane Robert, un historique de l’aventure. Plus de la moitié des points de collecte se concentre sur le Rhône et l’Isère.
Une certaine confidentialité dont ne veut pas se contenter Revera. Pour élargir son horizon, il s’est doté d’un nouvel outil cette fin mai. Revera s’est associé à une dizaine de pionniers du secteur de l’Hexagone pour fonder le collectif « Soverre ». L’ambition ? Franchir un nouveau palier vers une massification du réflexe consigne notamment via le réseau des grandes et moyennes surfaces.
Fin 2025, 14 grandes surfaces, issues des groupes System U et Intermarché seulement, collaborent ainsi avec Revera. Au cœur d’un univers du réemploi où les modes opératoires sont souvent aussi variés que les initiatives locales, Soverre se veut un outil de simplification pour aider les hésitants à franchir le pas.
Un marché encore contraint
« Il apporte la force d’un réseau logistique mutualisé et optimisé, qui assure la traçabilité et la flexibilité nécessaire à la diversité des points de vente et de collecte », résume le collectif. Massification des flux, maintenance, formation, adaptation des contenants, bilan RSE personnalisé… il s’agit d’offrir un service complet, centralisé plus lisible et accessible.
« On reste fragile »
Face à des industriels et producteurs encore frileux à l’idée d’abandonner le plastique, calamité environnementale et sanitaire qui se documentent , et des difficultés à convaincre des acteurs importants du retail, la consigne a encore du mal à se refaire la place qui fut la sienne. Ses clients se concentrent souvent autour d’acteurs engagés pour l’environnement malgré une législation incitative.
« La loi Agec objective 10 % de réemploi à horizon 2027. Elle n’est pas contraignante et pas respectée. On est à 1 ou 2 %. On reste fragile. Sans l’aide des éco-organismes, ce serait difficile. Il faut convaincre. Soverre est fait pour aider cela aussi », reconnaît Stéphane Robert.
Cyrille SEUX,
Le Progrès
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