Emballages en verre : le spécialiste du réemploi Revera change d’échelle pour renforcer son impact
Spécialisée dans le réemploi des bouteilles en verre, la société Revera couvre le quart Sud-Est de la France avec trois centres de tri, dont un installé à Saint-Priest (Rhône). En 2025, plus d’un million de bouteilles ont été remises dans le circuit.
Recycler le verre, c’est bien, mais réemployer le verre, c’est bien mieux ! En effet, le réemploi est plus écologique que le recyclage qui consomme de nouvelles matières premières (sable, calcaire..), nécessite quatre fois plus d’énergie et utilise deux fois plus d’eau. C’est le credo défendu par Revera (Réemploi du verre en Rhône-Alpes).
La société coopérative d’Intérêt Collectif (SCIC), née du rapprochement en 2024 de l’entreprise lyonnaise Rebooteille et de l’entreprise grenobloise Alpes consigne, a été rejointe en avril par L’Incassable basée en Paca. L’opérateur de réemploi de bouteilles en verre, qui emploie 17 personnes, couvre aujourd’hui 13 départements (1).
Revera a permis le réemploi de plus d’un million de bouteilles en verre en 2025
Cette boucle vertueuse repose sur plus de 140 producteurs de boissons, sur 460 points de collecte installés dans les magasins des distributeurs (Biocoop, La Vie Claire, Bio c’ Bon, Satoriz…) et sur le travail de tri, lavage et remise dans le circuit des bouteilles en verre opéré par Revera.
« Sur notre périmètre actuel, nous avons traité plus d’un million de bouteilles en 2025 et visons une progression de 40 % cette année », fait savoir Stéphane Robert, porte-parole de Revera et l’un des co-fondateurs de Rebooteille.
Dans l’agglomération lyonnaise, l’entreprise est implantée dans les Ateliers Briand à Saint-Priest où elle dispose d’un entrepôt de 500 m2. L’an dernier, 653 000 bouteilles en verre ont transité sur ce centre de tri après avoir été récupérées grâce au système de consigne.
Revalorisation des tarifs de la consigne du verre au 1er janvier 2027
« Au 1er janvier 2027, les tarifs seront revalorisés à 30 centimes la bouteille de 50 centilitres et + et à 15 centimes la bouteille de moins de 50 centilitres », précise Stéphane Robert.
Dès que les casiers à bouteilles fournis aux distributeurs sont pleins, Revera organise donc leur ramassage, puis le tri des bouteilles avant de les expédier vers le site de lavage à Chabeuil dans la Drôme, au rythme d’un semi-remorque tous les 15 jours.
« Nous sommes propriétaires de la laveuse qui est installée chez Ma Bouteille s’appelle reviens. En 2025, 1,6 million de bouteilles ont été lavées et ça devrait monter à 2,4 millions cette année », fait savoir le porte-parole. De là, les bouteilles sont redistribuées aux producteurs.
Premier exercice à l’équilibre en 2025 pour le Lyonnais Revera spécialisé du réemploi des bouteilles en verre
Si l’activité est en forte croissance, ça reste une goutte d’eau dans l’océan. Alors que moins de 2 % des bouteilles sont réemployées, la loi Agec fixe un objectif de 10 % en 2027. Mais la chaîne reste confrontée à de nombreux défis comme la décollabilité des étiquettes apposées sur les bouteilles, l’implication des grandes surfaces dans le dispositif de consigne, l’adhésion des consommateurs…
« Début 2026, six acteurs de la filière, dont Revera, ont créé Soverre pour être l’interlocuteur unique des enseignes et des metteurs en marché nationaux et ainsi simplifier les échanges », indique Stéphane Robert. En 2025, Revera, qui a réalisé 813 000 euros de chiffre d’affaires, était à l’équilibre pour la première année.
Pour continuer de monter en puissance, faire jouer les synergies et atteindre une taille critique, le mouvement de regroupements qui s’est enclenché depuis deux ans devrait se poursuivre.
(1) Ain, Alpes-de-Haute-Provence, Hautes-Alpes, Alpes-Maritimes, Bouches-du-Rhône, Isère, Loire, Rhône, Saône-et-Loire, Savoie, Haute-Savoie, Var et Vaucluse.
L’éco-organisme Léko booste les gestes de réemploi des emballages en verre
L’éco-organisme Léko a lancé en octobre 2025 l’expérimentation « En route pour le réemploi » afin d’augmenter les volumes collectés par les opérateurs comme Revera.
« Nous levons le frein du prix pour les metteurs en marché en finançant en grande partie le surcoût d’une bouteille lavée par rapport à une bouteille neuve. Pour sensibiliser les consommateurs et les salariés des enseignes, nous accompagnons la mise en place de PLV ainsi que des animations dans les magasins qui permettent de collecter plus de 50 % de bouteilles supplémentaires », partage Maud Balencie, responsable du développement du réemploi pour Léko.
La campagne, qui se déroule jusqu’en fin d’année en Auvergne-Rhône-Alpes, Paca et Occitanie, représente à ce jour un investissement de 400 000 euros.
Séverine RENARD
Tout Lyon
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