La coopérative Revera mise sur le réemploi des bouteilles dans la zone nord de Sisteron
Dans le parc d’activités Sisteron Val-de-Durance, dans les Alpes-de-Haute-Provence, les bouteilles vides s’offrent une seconde vie plutôt que de finir broyées, fondues puis recyclées. Cela passe par la coopérative Revera dans des nouveaux locaux inaugurés mardi 2 juin 2026.
Céline Brémond travaille au milieu de milliers de bouteilles, dans ce qui fut jusqu’au 1er avril 2026 le local sisteronais de l’association L’incassable, la filière de réemploi du verre en région Provence-Alpes-Côte d’Azur (Paca), née d’initiatives citoyennes et qui comptait deux centres de tri, ici à Sisteron et à Vitrolles, dans les Bouches-duRhône.
Depuis près de deux mois, L’incassable a intégré la coopérative Revera en fusionnant avec cet acteur situé en Auvergne-Rhône-Alpes, qui rayonne désormais sur 13 départements et qui dispose de 460 points de collecte de bouteilles. Céline Brémond, qui gérait le site L’incassable de Sisteron a changé de casquette et c’est désormais Revera qui l’emploie ici, dans ces locaux qui seront inaugurés aujourd’hui.
« Il est absurde de casser une bouteille pour la refondre et fabriquer exactement la même! » souligne cette jeune femme pleinement investie dans cette démarche dont la portée environnementale semble évidente, démarche qui vise à considérer la bouteille comme un contenant et non comme un déchet, même recyclable.
Véritable Économie circulaire
Chez Revera, cette filière citoyen ne emploie 17 salariés, dont certains en insertion, sur les 13 départements des deux Régions (Auvergne-Rhône-Alpes et Paca). Céline Brémond, passée de l’incassable à Revera depuis le 1er avril est l’unique salariée à Sisteron, site qui récupère les bouteilles des départements des Alpes-de-HauteProvence et des Hautes-Alpes. Chargée de mission, elle oeuvre ici avec des bénévoles qui viennent trier les bouteilles une fois par semaine. « La collecte ne se fait qu’avec des professionnels. Ici ce sont par exemple, Super U Val-de-Durance, des brasseurs locaux comme Bières de la Durance, Bières du Forest, À la ferme Val de Durance et autres.
L’an dernier, nous avons collecté 35 000 bouteilles sur les deux départements 04 et 05 {soit 18,5 tonnes de déchets évités), et pour Revera, on compte plus d’un million de bouteilles réemployées en 2025. » Question économies d’énergie, les arguments de Céline Brémond sont imparables: « C’est une véritable économie circulaire puisque le réemploi réduit de 80% l’énergie utilisée et de 50% la consommation d’eau par rapport au recyclage. Avec le réemploi, les bouteilles sont lavées et réutilisées entre 20 et 50 fois, alors que le recyclage nécessite de refondre le verre à 1500 degrés. Les bouteilles réemployées sont des bouteilles consignées qui comportent le pictogramme, « rapportez-moi pour réemploi » sur l’étiquette ».
D’ailleurs, un sondage lfop de 2023 évalue à 93% le nombre des Français favorables au retour de la bouteille consignée. La jeune femme revient aussi sur le fait que les objectifs européens fixent un taux de réemploi des emballages à 10% en 2020 et à
40% d’ici 2040. La filière de réemploi, qui se veut donc nécessité économique, souhaite sécuriser les approvisionnements et améliorer la résilience alimentaire des territoires. Elle insiste sur l’importance de privilégier les circuits courts et ainsi, la
création d’emplois non délocalisables.
Le réemploi des bouteilles, comment ça marche ?
Revera, comme le faisait l’incassable en Paca avec lequel Revera vient de fusionner, récupère les bouteilles consignées que les consommateurs ont ramenées chez les distributeurs contre monnaie trébuchante (consigne), les trie, les fait laver (lavage à
façon ou intégré) et les revend aux producteurs. La boucle est bouclée. Mais pour qu’une bouteille soit apte au réemploi, il y a un réel cahier des charges à respecter. Elle doit être de gamme standard nationale issue des catalogues verriers reconnus par Citeo (éco-organisme reconnu par l’État), solide, facilement identifiable, interopérable et réutilisable. La bouteille, l’étiquette, tout est codifié, cette dernière devant comporter le pictogramme du réemploi (« Rapportez-moi pour réemploi »).
« Avec la consigne monétaire, nous sommes passés d’environ 10% à 15% de bouteilles ramenées à près de 50% », explique Céline Brémond. Ce système de consigne a toujours existé dans certains pays européens et il apparaît logique de donner plusieurs vies à une bouteille au lieu de la considérer comme un déchet.
Jean-Marie Delmaëre
La Provence
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